Sur la peau du monde

Nez collé à la vitre du wagon restaurant, j’observais le monde qui défilait à grande vitesse.

Mon regard jouait à superposer les plans. Tout juste devant moi les images s’étiraient en traînées infinies, mais dès que mes yeux cherchaient la perspective le temps ralentissait, laissant apparaître les paysages en une procession lente et cadencée .

J’ai pensé à la peau du monde, au ballet de Preljocaj. Et je me suis demandé à quoi pouvaient bien servir les hommes sur cette peau là.

Epiphites, Parasites, les deux à la fois ?

Question de voyageur sans doute…

Mais les pensées qui déambulent finissent souvent par bousculer les idées. Alors chacun se livre à ses propres constructions pour modeler le monde à son image.

Modeler le monde, voilà qui nous parle, nous qui modelons le matériau artistique du voir et de l’entendre.

Au maillage du théâtre, de la musique et de la voix, nos créations s’intéressent à ce va et vient qui marque la frontière ténue entre parole et chant, rythme des mots et rythme des corps.

Parfois la musique donne le point de départ, parfois c’est un texte qui pose ses appuis, dévoilant une architecture qui enchevêtre nos deux univers en leur donnant la forme du moment : spectacles, lectures, performances… .

Là où nous sommes, au théâtre, au café, chez l’habitant, sous un coin de ciel bleu… , il se trouve toujours un espace où créer des mondes imaginaires, réalistes, cruels, drôles, merveilleux, tendres, poétiques, grinçants, esthétiques.

Par un jeu malicieux du hasard, sur l’île de la Réunion où nous habitions, ce lieu s’appelait « Casabona », la bonne maison. Pendant 7 ans nous y avons mis en culture la peau du monde.

Aujourd’hui les saltimbanques que nous sommes portent ailleurs leurs semences. Nous nous installons dans le bassin toulousain pour une nouvelle croisée des cultures et des rêves.

Alexis Palazzotto / Mélanie Prochasson
Toulouse, le 6 Mai 2016

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